La santé est un des postes avances du combat pour le respect de la vie et la dignité humaine, elle est un espace d’expression de solidarité du groupe social organisé, en  raison de cette dimension humaine et de son impact social, la santé doit être pour notre pays un secteur prioritaire et stratégique, car elle est un droit fondamental pour le citoyen et une ressource majeure de développement économique, individuel et social.

     Elle est par ailleurs consacrée par la constitution Algérienne (novembre1996) tous les citoyens ont droit à la protection de leur santé. L’état assure la prévention et la lutte contre les maladies épidémiques et endémiques.

      Depuis, l’Algérie a consenti des efforts extrêmement importants sur le plan de l’infrastructure sanitaire, l’équipement et la formation d’un potentiel médical et paramédical que beaucoup de pays nous envient. Le citoyen est en droit d’avoir et de revendiquer une santé meilleure sur la base de concepts simple d’accessibilité, de qualité d’accueil, d’équité et d’humanisme.

      Aujourd’hui la société Algérienne a profondément changé, notamment sur le plan économique et à ce début du troisième millénaire le système de soins en place accentue de jour en jour l’inadéquation entre les efforts consentis par l’état et l’insatisfaction exprimée et par le citoyen consommateur de soins et par le personnel soignant, producteur de soins.

      On avait observé jusque là:
    · Un cloisonnement des composantes structurelles de la santé.
    · Une paupérisation des structures de soins primaires.
    · Une surcharge au niveau des structures lourdes destinées normalement aux soins spécialisés, recherche et formation.
    · Une déshumanisation des structures et de la prise en charge des malades.
    · Un coût de fonctionnement et une qualité de soins en détérioration.
    · Une disparité sur le plan des ressources humaines et matérielles.
    · Une inadaptation des statuts des établissements de santé avec toutes les lourdeurs dans le fonctionnement et la gestion.
    · Une absence de politique de maintenance (plus de 30% des  pannes ou fonctionnant de façon incorrecte ”sur utilisés“).
    · Un départ massif des praticiens vers le secteur prive à partir des structures publiques.

      L’énumération des dysfonctionnements peut se prolonger davantage, mais l’urgence était de trouver des solutions,  puis tenter de reposer le système de santé en place en initiant un véritable débat démocratique impliquant le praticien, le gestionnaire, le mouvement associatif, le mouvement syndical, les partenaires directs et indirects, le tout catalysé par une réelle volonté politique et éviter à tout prix le débat d’experts, parce qu’aucun corps de métier n’a le monopole de l’avenir de la santé de l’Algérien.  C’est a partir de là que les réformes hospitalières trouvent toutes leurs significations et la contractualisation tout son sens.

      C’est aussi:
  1. adopter une démarche prudente pour opérer les changements de façon progressive, graduelle, intelligente et surtout consensuelle.
  2. réaffirmer avec force le principe fondamental que les structures ne valent que par les hommes qui les dirigent.
  3. promouvoir de nouveaux modes d’organisation, de fonctionnement et de financement.
  4. assurer une cohérence et équilibre d’un service public fort et viable financé  par l’état et les assurances et un service privé lucratif en pleine expansion qui ne doit pas être livré à lui même.
  5. réhabiliter les unités de soins de base (soins de santé primaires). Parce que tout simplement 60% de la population algérienne soit plus de 15 millions a moins de vingt ans. A cela s‘ajoutent toutes les femmes en âge de procréer,  en charge dans le cadre de la santé maternelle et infantile.

     Toutes les études ont montré qu’a ces âges c’est essentiellement un profil de soins ambulatoires et d’actes médico-sanitaires préventifs et curatifs, réalisables et réalisés essentiellement dans des structures légères:les unités de santé de base.

      D’autres axes peuvent également être développés, la tâche est tellement ardue mais passionnante.

Dr M.N. DAMECHE
Directeur de la Santé et
de la Population de
la wilaya de Constantine
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